Bienvenue dans mon regard sur le monde.
PASSAGE — TRACES
Nous traversons des lieux, des paysages, des instants. Nous avançons, nous quittons, nous franchissons.
Mais que reste-t-il de ces passages ?
Des empreintes, des fragments, des images qui s'inscrivent dans notre mémoire. Le monde continue, tandis que quelque chose nous échappe.
Deux séries photographiques, deux regards sur un même cheminement : ce que l'on traverse et ce qui demeure.
Pendant trois années, plusieurs fois par an, j’ai parcouru les quelque mille kilomètres qui séparent Le Lavandou des Sables-d’Olonne.
Je faisais ce trajet pour rejoindre ma mère et l’aider pendant la maladie de mon beau-père.
Je choisissais volontairement de ne pas emprunter l’autoroute. Je traversais la France en diagonale, par les routes secondaires, les villages, en faisant un maximum de détours.
Au fil de ces voyages, j’ai photographié ce qui se trouvait sur mon chemin : routes, ponts, tunnels, paysages, horizons, infrastructures, signes, silhouettes. Je ne pensais pas alors construire une série. Ces photographies étaient simplement les traces de ces traversées répétées.
Puis mon beau-père est décédé.
Le voyage, lui aussi, a pris fin. Je ne retournerai plus aux Sables-d’Olonne pour les mêmes raisons.
En regardant aujourd’hui ces images, je découvre qu’elles racontent autre chose que les lieux traversés. Elles parlent du passage : d’un endroit à un autre, d'un moment à un autre, de ce que l’on quitte et de ce vers quoi l’on avance.
Les routes indiquent une direction, les ponts permettent de franchir, les tunnels font disparaître un instant le paysage, les barrières séparent, les horizons semblent accessibles mais restent hors d’atteinte. Pendant trois ans, j’ai traversé la France pour aller vers quelqu’un. Sans le savoir, je photographiais aussi le temps qui passait.
Cette série est toujours en cours. Je la construis aujourd’hui avec le recul que donne la fin de ce voyage.





Dans la continuité de la série PASSAGE, TRACES explore ce qui demeure après le passage : les empreintes, les fragments, les sensations et les images qui subsistent dans ma mémoire.
Avec le recul, je regarde ces photographies autrement. Je connaissais la fin de l'histoire. Ces lieux traversés, ces paysages et ces instants prennent une autre dimension.
Le monde continue, tandis que quelque chose nous échappe.
Il reste des traces, parfois visibles, parfois diffuses, de ce qui a été vécu.
Des fragments d'un voyage qui, sans que je le sache alors, était aussi un cheminement intime.



